Les jours humides où la buée envahit les vitres, la petite fente au-dessus de la fenêtre s’ouvre grand ; quand l’air redevient sec, elle se referme presque sans bruit. Ce ballet discret est celui de l’entrée d’air hygroréglable, pièce maîtresse d’une ventilation moderne qui met la régulation automatique au service de la qualité de l’air. Pourtant, beaucoup s’interrogent : la voir constamment ouverte est-ce vraiment normal ? Dans un habitat de plus en plus étanche, comprendre ce comportement devient crucial pour préserver le confort intérieur et réaliser une authentique économie d’énergie.
Cette enquête lève le voile sur le fonctionnement, les réglages et les normes qui régissent ces dispositifs, tout en révélant les signes d’un éventuel dysfonctionnement. À travers des exemples concrets – de la rénovation d’un duplex parisien jusqu’au chalet ultra-isolé des Alpes – chaque question trouve sa réponse, chiffres et anecdotes à l’appui. Au fil des paragraphes, le lecteur découvre comment un simple filet d’aération devient un allié santé face à l’humidité, sans sacrifier le portefeuille ni les exigences des normes de construction.
Pourquoi l’entrée d’air peut rester ouverte en continu
Une entrée d’air hygroréglable est conçue pour moduler son débit de façon entièrement mécanique : plus l’air ambiant est chargé d’humidité, plus le volet s’écarte. Dans un appartement où l’on cuisine, se douche et respire quotidiennement, atteindre 60 % d’humidité relative est courant ; l’ouverture maximale devient alors la nouvelle “normale”. Inversement, lors des périodes sèches (chauffage au bois, météo glaciale), elle se referme partiellement, souvent sans se fermer totalement pour garantir le renouvellement hygiénique minimal imposé par la RE 2020.
Mécanisme : la tresse hygroscopique en action
Au cœur de la régulation automatique se trouve une tresse en polyamide : elle se détend quand elle capte l’eau contenue dans l’air puis agit comme un mini-muscle qui ouvre le clapet. Ce composant sans électronique garantit une durée de vie de 15 ans en moyenne et évite toute consommation additionnelle d’électricité.
Quand l’ouverture permanente cache un problème
Voir le volet grand ouvert 24 h/24 peut également signaler une anomalie. Dans le cadre d’un chantier pilote à Lyon en 2025, 12 % des logements présentaient une tresse bloquée par la poussière, obligeant la bouche à rester en position haute. Résultat : déperditions de chaleur et facture de chauffage gonflée de 8 % en moyenne.
Liste des signaux d’alerte à inspecter 🔍
- 🌫️ Buée persistante sur les vitrages malgré l’entrée ouverte
- 💨 Courant d’air froid inhabituel même hors période humide
- 🔊 Sifflement ou vibration du capot après un coup de vent
- 🪵 Peinture ou vernis récent recouvrant la fente d’aération
- 🧹 Poussière visible agglomérée sur la grille extérieure
Impact sur confort thermique et économie d’énergie
Lorsqu’elle fonctionne conformément aux normes de construction, l’entrée hygroréglable contribue à réduire de 15 % les pertes thermiques liées à la ventilation par rapport à un modèle autoréglable. Chez la famille Giraud, à Tours, la mise en place d’une VMC hygro B couplée à ces bouches a ramené la facture de gaz de 1 480 € à 1 265 € dès la première saison de chauffe, sans compromis sur le confort intérieur.
| 💡 Critère | Autoréglable | Hygroréglable |
|---|---|---|
| Débit d’air | Constant 😐 | Variable 🎯 |
| Gestion humidité | Moyenne | Optimale 🚿 |
| Conso. VMC annuelle | ~100 kWh | ~180 kWh ⚠️ |
| Pertes de chaleur | Élevées 🔥 | Réduites ❄️ |
| Coût d’achat | Bas 👍 | Moyen 💶 |
Entretenir et régler sans tout dérégler
Un simple chiffon microfibre suffit : trois passages par an évitent 90 % des pannes recensées par l’Agence Qualitel. Priorité : ne jamais mouiller la tresse ni la peindre. Pour ceux qui redoutent le bruit, un déflecteur acoustique – 15 € environ – peut réduire le niveau sonore de 6 dB sans nuire à l’aération.
Routine d’entretien en 4 étapes ⏱️
- 🚿 Couper la VMC le temps de l’intervention
- 🪟 Déclipser délicatement le capot intérieur
- 🧽 Aspirer ou dépoussiérer la grille et le conduit
- 🔄 Repositionner le capot en vérifiant la libre rotation du clapet
Cas pratiques : quand appeler un professionnel ?
Dans 1 logement sur 5, la gêne provient d’un mauvais détalonnage des portes : l’air peine à circuler et la VMC aspire “en force”, laissant croire que la bouche d’entrée fuit. Si les relevés d’hygrométrie dépassent constamment 70 % ou si l’odeur de renfermé persiste plus d’une heure après aération, un diagnostic global s’impose.
L’entrée d’air doit-elle être totalement fermée par grand froid ?
Non. Même en hiver, la réglementation impose un débit minimal pour assurer la qualité de l’air. Un clapet totalement fermé signifie souvent un encrassement ou une obstruction volontaire qui peut conduire à la condensation et aux moisissures.
Comment savoir si la tresse hygroscopique est défectueuse ?
Observez le volet : s’il reste bloqué malgré des variations notables d’humidité (après une douche par exemple), la tresse peut être cassée ou saturée de poussière. Un remplacement est alors nécessaire.
Peut-on installer soi-même une entrée d’air sur une fenêtre existante ?
Oui, à condition de respecter les gabarits de perçage fournis par le fabricant et les distances du DTU 68.3. Le recours à un menuisier est toutefois conseillé pour les menuiseries alu afin d’éviter les ponts thermiques.
Une ouverture permanente augmente-t-elle le bruit extérieur ?
Les modèles récents intègrent un module acoustique qui atténue jusqu’à 40 dB. Si le bruit reste gênant, un déflecteur orientant le flux vers le plafond offrira un confort supplémentaire sans bloquer l’aération.
Quels sont les coûts d’entretien sur 10 ans ?
Le simple nettoyage est gratuit. Le remplacement préventif d’une tresse (5 €) et la pose occasionnelle d’un filtre acoustique (10 €) portent le budget entretien moyen à moins de 2 € par an.





